Typographie

Parce que même Vaneau savait qu'on accentuait les majuscules


Le binet TypographiX recommande chaudement à tout individu valide et sain d'esprit d'acquérir dans les plus brefs délais le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie Nationale, où il retrouvera tous les conseils donnés sur cette page et une kyrielle d'autres subtilités typographiques plus essentielles les unes que les autres, le tout présenté de manière claire et intelligible, et avec tout le mythe inhérent à l'Imprimerie Nationale.

Majuscules

Les majuscules sont les premières lettres des phrases et des noms propres. La majuscule, indépendamment de sa représentation typographique (souvent un caractère en capitales d'imprimerie), est essentiellement une fonction grammaticale.

L'usage moderne conduit souvent à un usage abusif de la majuscule. Notamment, il est bon de rappeler que les grades militaires ne prennent pas la majuscule. Même si un Général De Corps d'Armée est un personnage fort important, lui accorder quelques majuscules en plus ne constitue pas une marque de respect mais une faute de ponctuation.

Capitales

Les capitales sont un jeu particulier de caractères d'imprimerie, de taille plus grande que les caractères ordinaires (dits caractères en bas-de-casse) et de forme souvent différente. On n'utilise pas les capitales que pour représenter les majuscules ; on peut écrire les noms de familles en petites capitales, ainsi que les titres ou les noms de marque.

Minuscules et bas-de-casse

Ce sont les contraires respectifs des majuscules et des capitales. On peut représenter entièrement en capitales un texte composé d'un peu de majuscules et de beaucoup de minuscules.

Accentuez vos majuscules !

Un accent omis est une faute de ponctuation ; en effet les accents fluididient la lecture et ôtent toute ambiguité sur l'interprétation d'une phrase : comparez ETUDE DU MODELE et ÉTUDE DU MODELÉ, GISCARD CHAHUTE et GISCARD CHAHUTÉ.

Mise en pratique : Mac & Linux

Petits veinards, vous avez la chance de posséder par défaut un clavier vous permettant d'obtenir facilement tous les cactères accentués.

Sous Mac, pour avoir É, faites CAPS LOCK+é.

Sous Linux (clavier fr-oss), pour avoir É, faites MAJ+ALT GR+é.

Mise en pratique : Windows

On touche là où ça fait mal : le clavier AZERTY français n'est même pas adapté à l'écriture du français, et pourtant c'est le clavier le plus utilisé... Pour y remédier, deux solutions : apprendre des nombres par cœur ou installer le clavier fr-oss de Linux.

Raccourcis Clavier Linux

Signes de ponctuation

La France n'a pas été envahie par l'Angleterre : on y applique donc les règles françaises quant à l'espacement autour des signes de ponctuation :

– pour la ponctuation simple (point, virgule, points de suspension, etc.), pas de blanc avant et une espace fine justifiante après ;

– pour la ponctuation double (deux-points, points d'interrogation, point d'exclamation, etc.) une espace fine insécable avant et une espace fine justifiante après.

Si vous ne comprenez rien à ce qui précède, sachez juste qu'il faut mettre une espace avant le deux-points !

Listes

Les listes à puces, ce n'est pas français. D'ailleurs, le package babel de LaTeX vous empêchera de mettre autre chose que du tiret demi-cadratin (ALT+0150) dans vos listes. Mais c'est pour votre bien.

Chaque item d'une liste non-numérotée introduite par un deux-points commence par un caractère en minuscule et se termine par un deux-points, quelque soit sa ponctuation interne. Capisce ?

Parenthèses

Les parenthèses ne portent pas de blanc en leur intérieur, et une espace fine justifiante en leur extérieur.

Quant à la question délicate du smiley accolé à une parenthèse fermante, le binet TypographiX ne se risquera pas à prendre position dans ce sulfureux débat.

Règle générale

L'abréviation doit être faite dans un contexte où elle ne prête pas à confusion, d'une des manières suivanntes :

– par retranchement (toujours devant une voyelle et sans altérer, autant que possible, le radical du mot) des lettres finales que l'on remplace par un point, exception faite pour les points cardinaux ;

– par retranchement des lettres médianes, la (les) finale(s) maintenue(s) étant mise(s) en supérieures ou en bas de casse sans point abréviatif.

Le point abréviatif n'exclue pas l'emploi des signes de ponctuation exigés par la phrase, mais il se confond avec le point final ou les points de suspension.

Cardinaux, numéro, primo

On abrégera premier (ou première), deuxième, troisième, etc. en 1er (ou 1re), 2e et 3e et non 1ère, 2ème, 3ème... Pour une fois que la règle vous permet d'économiser de l'encre, profitez-en !

Il convient de rappeler que 1o, 2o, 3o... sont les abréviations de primo, secundo, tertio..., le signe supérieur étant un o et non un zéro.

Et caetara s'abrège en etc., abréviation qui ne doit jamais être renvoyée au commencement de la ligne (particulièrement à la fin d'un alinéa), ni répétée, ni suivie de points de suspension.

Titres

Levons déjà toute ambiguïté sur une erreur trop fréquemment commise, même par certains organismes administratifs : la civilité d'un individu de sexe masculin est en France « monsieur » et non « mister ». Ainsi, l'abréviation de cette civilité est M., au pluriel MM., exception à la règle qui veut qu'on ne redouble pas l'abréviation dans le cas d'un pluriel.

De manière similaire, on écrira Mgr pour monseigneur, Mlle(s) pour mademoiselle(s) et Mme(s) pour madame(s).

Usage

La typographie offre divers procédés pour permettre de faire ressortir une citation dans le corps du texte : emploi d'un corps inférieur, de l'italique (ou moins fréquemment, du gras), emploi d'une ponctuation appropriée (guillemets et tirets), adoption d'une disposition particulière dans la présentation.

Bien que l'usage ait créé des habitudes, aucune règle stricte n'assigne tel procédé à tel cas.

Guillemets et ponctuation

On emploie bien sûr les guillemets français (« et ») et non pas les guillemets anglais ("). Les guillemets ayant pour fonction d'authentifier la citation, on veillera à ne les fermer qu'après la ponctuation, si elle en est indissociable.

Si la citation, entièrement fondue dans le texte, ne comporte que quelques mots ne constituant pas une phrase complète, on la typographie « comme ceci ».

Si le début de la citation est fondu dans le texte mais qu'elle se termine sur une phrase complète,il faut alors « appliquer la règle que voici ». Le point final est à l'extérieur des guillemets.

Si la citation est une phrase complète, son premier mot prend une capitale initiale. Elle est introduite par un deux-points si elle fait suite au texte.

Lorsque le sens de la phrase amenant la citation exige une ponctuation différente de celle de cette citation, on doit choisir l'un des deux signes, car on ne peut en aucun cas utiliser ensemble un point d'exclamation et un point d'interrogation, ni même un simple point avant ou après ceci. Il faut choisir celui des deux qui paraît le plus logique et, suivant le cas, le placer avant ou après le guillemet final. Comment ça, vous n'avez « pas compris un mot » ? Je doute fort que vous soyez « perdus ! »

Enfin, lorsque la citation comporte plusieurs alinéas, on mettra un guillemet ouvrant au début de chaque alinéa, mais un seul guillemet fermant à la fin de la citation.